Publié le 27/10/2008 à 12:00 par oeildelasentinelle
C’est dans ce sens que Charles Spurgeon a dit: «Là où commence l’application, là commence la prédication.». Daniel Webster a déclaré: «Lorsque j’écoute une prédication, je tiens à ce qu’elle me soit personnellement applicable.» Et Geoffrey Thomas a écrit plus récemment: «Lorsque la prédication reste stérile, cela provient le plus souvent du manque d’applications.» De même, John F. Bettler s’exclame: «Dans la prédication, il s’agit non de parler de la vérité aux gens mais de leur dire la vérité.»
Dieu a donnée sa Parole pour illuminer nos esprits afin de transformer nos vies. Rien dans la Bible n’est écrit pour satisfaire notre curiosité. Tout est écrit pour nous amener à la repentance et à la connaissance de Dieu en la personne de Jésus-Christ, pour nous transformer progressivement à son image. Il s’ensuit donc que toute prédication biblique qui n’a pas pour objectif de conduire les gens à se repentir et à croire en Jésus-Christ et, ensuite, à vivre en lui obéissant de mieux en mieux, non seulement n’est pas ce qu’elle devrait être.
Paul, sous l’inspiration de Dieu, a écrit: «Or, tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l’assurance.» (Rm 15.4).
Paul affirme que l’Ancien Testament a été écrit pour nous instruire afin de nous inciter à la persévérance et de nous encourager. Aussi, tout enseignement biblique qui se limiterait à dispenser des connaissances raterait son objectif. Un bon enseignement doit déboucher sur une mise en pratique adaptée à ses auditeurs. Il doit éclairer leur intelligence et les amener à avoir de bonnes dispositions de cœur.
Paul écrit aussi: «Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne.» (2 Timothée 3.16-17).
Les Ecritures n’ont pas été données seulement pour nous informer, mais aussi pour nous apprendre à vivre dans la sainteté. Tout enseignement tiré de la Bible doit donc viser le même objectif.
Dans la Bible, quatre mots sont traduits par prédication. Le plus couramment utilisé est kerusso, qui signifie proclamer comme un héraut. Le prédicateur a un message à proclamer, message qu’il n’a pas inventé mais qui lui a été confié. Comme nous l’avons déjà signalé, le message de la Bible s’applique à la vie: un héraut pourrait-il faire une proclamation royale sans indiquer ce que l’on attend de la part des auditeurs?
Le deuxième mot est euangelizo, qui signifie annoncer la bonne nouvelle: cette nouvelle est-elle à énoncer devant des personnes ou bien leur est-elle destinée? Il est clair que ce qui constitue une bonne nouvelle pour certains peut en être une mauvaise pour d’autres. La bonne nouvelle peut-elle être annoncée sans que ceux à qui elle est destinée se reconnaissent?
Le troisième mot est martureo, qui signifie porter témoignage de faits. Mais se limiter à annoncer des faits, rien que des faits, cela ne risque-t-il pas de susciter la réponse: «Eh alors?». Ne convient-il pas plutôt de préciser en quoi ces faits sont importants pour ceux à qui l’on parle?
Le quatrième mot utilisé est didasko, qui veut dire énoncer en termes concrets ce que signifie le message dans le concret de la vie. Une prédication dépourvue d’applications pratiques manque d’aspects concrets.
Dans le Nouveau Testament, une étude approfondie permet de constater que ces quatre mots sont utilisés de manière interchangeable. Dans une véritable prédication, ils se trouvent réunis. Aussi, dans la prédication, l’enseignement doit-il être accompagné d’applications pour se conformer à la définition du Nouveau Testament.
Exemples de prédication biblique
Le plus grand prédicateur de tous est Jésus-Christ1. Toutes ses prédications comportent trois brins (axes): affirmer, illustrer, appliquer. Ces trois brins sont si étroitement liés ensemble qu’il est parfois impossible de dire duquel relève telle ou telle phrase. Car, grâce à la sagesse divine, les trois brins forment un seul fil. On le voit clairement en Matthieu 6.25-34. Pour notre Seigneur, pas de prédication sans application à ses auditeurs.
Il en va de même pour Jean-Baptiste. En Luc 3.7-18, on trouve un excellent exemple de sa prédication. Jean s’adresse directement à la conscience de ses auditeurs avec une force telle que ceux-ci s’écrient: «Que ferons-nous donc?» (v. 10) En réponse à leur question, Jean formule non pas de vagues généralités, mais des directives précises. La vraie prédication a toujours pour effet de susciter cette même question chez les auditeurs, même s’ils ne la posent pas à voix haute. La véritable prédication répond à la question qu’elle évoque.
Les apôtres n’ont jamais oublié ce qu’ils ont appris à l’école du Seigneur. La prédication de Pierre, le jour de la Pentecôte, est une attaque frontale visant la conscience de ses auditeurs. «Après avoir entendu cela, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent aux apôtres: Frères, que ferons-nous?» (Ac 2.37) L’énoncé de la doctrine est suivi par une application. Une question, une fois posée, est accompagnée d’une application adaptée. Selon la méthode apostolique, la doctrine débouche toujours sur une application. Cela se vérifie, à maintes reprises, dans les épîtres. Dans la pensée de Dieu, un enseignement qui n’indiquerait pas une concrétisation appropriée est inconcevable. Il devrait en être de même pour nous.
Une prédication «ciblée», bien adaptée aux croyants, ne consiste pas à les fustiger. Lorsque la prédication est concrète et pratique, ceux-ci se savent face à un prédicateur ayant un cœur de pasteur. Un prédicateur qui aime les personnes auxquelles il s’adresse ne se limite pas à leur dire ce qu’il faut faire; il leur dit aussi comment, tout comme des parents apprennent à leur enfant à faire la cuisine ou à taper dans un ballon de foot. Voilà comment les prédicateurs enseignent aux fidèles à débuter dans la vie chrétienne et à la vivre pleinement.
Le prédicateur est appelé à faire preuve de persuasion: «Connaissant donc la crainte du Seigneur, nous cherchons à convaincre les hommes.» (2Co 5.11a) Dire ce qu’il faut faire suffit rarement pour inciter à le faire. Même si les croyants ont bien perçu ce qu’ils devraient faire, la mise en pratique peut encore leur poser des problèmes.
La prédication doit convaincre et montrer pourquoi cela vaut la peine. Le cœur humain est si tortueux que même si nous savons ce qu’il faut faire et comment le faire, nous protestons parfois: «A quoi bon? Cela en vaut-il la peine?» Il incombe aux prédicateurs de montrer pourquoi cela en vaut la peine.
La prédication n’a pas pour autant à s’étirer en longueur. Elle doit être brève, vivante et directe afin que les auditeurs comprennent que pour rendre gloire à Dieu et lui faire honneur, pour connaître sa bénédiction et marcher réellement dans les voies de la sainteté, pour aimer leur voisin comme eux-mêmes, aucun chemin n’est meilleur que celui de l’application de la Parole. Si le message s’y prête, que l’émotion ait libre cours! Les auditeurs seront-ils remués si le prédicateur ne l’est pas? Comment un officier d’infanterie fait-il pour conduire ses hommes face à l’ennemi? Lui suffit-il de donner froidement des ordres? Ne s’efforce-t-il pas plutôt de leur expliquer pourquoi remporter cette bataille est important, et ce qui se passerait si elle était perdue? Il explique sa stratégie avant de s’écrier: «En avant!»
L’ardeur n’est pas une preuve d’onction, mais en manifester n’est pas péché. Il ne s’agit pas de l’émotion artificielle d’un comédien, mais de celle qui manifeste un attachement solide à la vérité révélée. Le prédicateur ressent des sentiments profonds.
Le Nom de Dieu n’est-il pas gravement atteint par la désobéissance de l’Eglise? Des milliers de personnes qui se disent chrétiennes ne contreviennent-elles pas aux prescriptions bibliques, se mettant ainsi en danger de mort éternelle? Des chrétiens innombrables ne passent-ils pas à côté de la pleine bénédiction de Dieu dans leur vie en raison de leur ignorance et de leur confusion d’esprit? Ne sont-ils pas nombreux ceux qui écoutent la Parole de Dieu, semaine après semaine, sans être convertis? Y a-t-il rien de plus merveilleux que de marcher avec Dieu, de contempler son Fils, de connaître sa paix, sa providence et sa direction?
C’est ainsi qu’un prédicateur prêchera, avec conviction.
extrait article S.Olyott